Texte - « Les Portes de l'Enfer » Maurice Level

fermez et commencez à taper
Dans le tiroir de mon bureau, je saisis mon revolver, j'y glissai six cartouches.
Je pris un candélabre, et je descendis ...

Je devais être effrayant à voir, mais je ne tremblais pas.
Dans l'escalier, je prêterai l'oreille ... Un tel silence planait sur toute la maison, que je me demandai une seconde : "Se seraient-ils enfuis ? ..."

Je m'engage dans le corridor.
Je n'entendais toujours rien, si ce n'est le tic-tac profond de l'horloge qui, dans la salle basse, allait marquer l'heure des misérables.
Je posai le candélabre à terre et regardai ma montre : quatre heures ! ...
D'un geste décidé, je saisis la clef ... quand un éclat de rire ... un éclat de rire effroyable, surhumain, me traversa les oreilles ...
Je restai, une seconde, étranglé de frayeur ...
Un silence ... Je me crus le jouet de quelque hallucination, et j'ouvris violemment la porte.

Alors, monsieur, je vis une effrayante chose :

Attaché par le cou à cette corde, l'homme se balançait dans le vide, et, dans un coin, tapie comme une bête, les yeux hagards et les ongles aux dents, ma femme me dévisageait.
Tout d'un coup, elle se mit à rire, de ce terrible rire qui m'avait glacé tout à l'heure.
Elle riait aux éclats, puis se taisait.
Sa figure prenait soudain une expression indicible, puis se taisait.
Sa figure prenait soudaine une expression indicible d'angoisse, et, la face tournée vers un coin de la salle, fixant une chose que je ne voyais pas, elle disait des mots sans suite, parmi lesquels, un seul, toujours le même, revenait sans cesse :

- L'horloge ! ... L'horloge ! ...